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Pourquoi les sardines sont-elles chères? Explications

la vague de protestation concernant le prix de la sardine sur le marché national

La fédération nationale des pêches maritimes se réunit avec les différentes chambres régionales des pêches maritimes, ce mercredi 23 mai à Rabat, pour discuter de la vague de protestation concernant le prix de la sardine sur le marché national. Les professionnels discuteront également des pistes pour organiser la commercialisation du poisson.

Ce jeudi 24 mai, les professionnels se réuniront avec le ministère de la Pêche.

La protestation contre le prix du poisson était prévisible en ce mois de Ramadan. Les habitudes de consommation dans toute la région du Maghreb central, voulaient que pendant le mois de jeûne, le poisson soit moins consommé que pendant le reste de l’année.

Il y a 5 ans, il y a eu une inflexion. Depuis, la consommation augmente pendant le mois sacré, entraînant les prix dans la même direction.

Cette année, les quantités débarquées dans les ports ont fortement augmenté pendant les 15 jours qui ont précédé Ramadan. On aurait pu penser que cela allait freiner la hausse des prix. Il n’en a rien été ou alors, pas suffisamment, puisqu’une hausse des prix était au rendez-vous.

L’opinion publique accepte mal la hausse du prix d’un poisson symbole de la vocation halieutique du Maroc: la sardine. Lorsque le kilo se situe entre 20 et 30 DH, le consommateur se rebiffe, car des seuils psychologiques sont atteints.

Les quantités commercialisées en forte hausse

Au cours de la première semaine de Ramadan, la halle de gros de Casablanca a commercialisé 600.000 T. supplémentaires de sardines par rapport à la semaine précédente.

Le prix moyen, sortie de la halle, n’a augmenté que de 10 centimes/kg (tableau), selon les chiffres officiels consultés par Médias24. Le prix moyen sortie de la halle a été de 3,41 DH/kilo. Comment expliquer que les sardines soient vendues entre 15 et 20 DH chez les poissonniers ?

 

Premières pistes explicatives

Des sources officielles et auprès des opérateurs nous ont communiqué leurs premiers constats de base concernant le marché de la sardine pendant la première semaine du mois sacré:

– Variabilité géographique des prix selon l’éloignement des zones de capture. Le poisson le plus prisé est celui du nord et du centre (Tanger, Tétouan, Al Hoceima, Casablanca, El Jadida, jusqu’à Safi). Celui des zones sud (Laâyoune, Boujdour) est vendu jusqu’à deux fois moins cher.

– Offre très importante.

– La hausse des prix au détail est due, selon nos interlocuteurs, à la multiplication des intervenants dans la chaîne de commercialisation qui ne dépend nullement du secteur.

– Les prix varient selon les quartiers et le type de clientèle: le détaillant décide du prix de vente.

Selon les chiffres officiels, voici les prix constatés le 22 mai dans plusieurs villes du Maroc:

“L’export est la cause de la cherté du prix du poisson au Maroc“: Une idée fausse

-L’export en poisson marocain est dominé par le poulpe et la conserve de sardine.

-Le poulpe est peu prisé par les Marocains malgré quelques essais de l’introduire sur le marché local dans les dernières années. La demande est très faible au Maroc alors qu’à l’export, il est très apprécié.

-La période de pic de la production de la sardine se situe entre juillet et décembre. Une période pendant laquelle il est impossible de destiner la production entière au marché local qui ne peut l’absorber.

*De ce fait, la production non distribuée sur le marché local est destinée à la conserve à l’export.

*Ce flux d’export crée des emplois directs et indirects et draine des devises (20 milliards de DH).

-Le consommateur marocain est consommateur de poisson frais, la conserve et le surgelé ne sont pas affectionnés.

-Certaines autres espèces de poisson que les Marocains consomment et jugent chères ne sont pas du tout exportées. Par exemple, toute la crevette débarquée au Maroc est consommée dans le pays.

Maroc, deux façades maritimes et pas de poissons ?

Le poisson est de plus en plus disponible sur le marché, selon les chiffres officiels. Nos sources précisent toutefois que plusieurs pêcheries ont été victimes de surexploitation et que depuis l’avènement des plans d’aménagement apportés dans le cadre de la stratégie Halieutis, certaines ressources se reconstituent et d’autres commencent à revenir graduellement.

Parmi les pêcheries qui ont été surexploitées et qui se sont progressivement rétablies, on peut compter celles du poisson pélagique (dominé par la sardine) et de la crevette.

Exemple : les débarquements dans le port de Safi qui était très connu pour sa sardine (de qualité supérieure) s’étaient arrêtés à cause de la disparition de la ressource de la région due à la surexploitation. Depuis la mise en place du plan d’aménagement, l’instauration des repos biologiques et autres mesures de protection de la ressource, les débarquements ont repris du poil de la bête depuis 4 ans.

Safi est ainsi redevenu un port leader de la pêche de la sardine et fournisseur du marché local.

Au final, les sardines selon les chiffres officiels, sortent des ports et des halles à des prix raisonnables et en tous les cas stables, nettement inférieurs au prix de vente au détail. Dans les halles, les prix n’ont augmenté que de 10 centimes/kilo selon les mêmes sources. De ce fait, l’impression constatée au niveau du marché, est celle de hausse uniquement liée à un phénomène de forte demande au niveau de la vente au détail.

Source : Medias24

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