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Béni Mellal : Valorisation agronomique des


Le Maroc se lance enfin dans la valorisation agronomique des margines.

Le projet, qui a fait l’objet de plusieurs réfl exions et recherches de solutions à travers des forums et en laboratoire, est désormais mieux pris en charge par le Secrétariat d’État chargé du Développement durable (SEDD). Le département de Nezha El Ouafi semble, en quelque sorte, avoir trouvé la formule pour stopper définitivement la pollution causée par ces effl uents issus des huileries sur l’environnement (sol, terre et mer). Celle-ci consiste notamment à s’associer directement aux professionnels des huileries pour construire une station de valorisation dimensionnée à l’ampleur du phénomène dans leur région ou province respective. La subvention accordée par le SEDD est précisément plafonnée à 20% du montant total de l’investissement. Et pour commencer, la formule sera appliquée pour la première fois à Béni-Mellal, où le SEDD et les propriétaires des unités de trituration des olives de la commune de Zaouiat Cheikh ont signé, mardi, un protocole d’accord pour la construction de la première station de valorisation des margines issues de leurs activités.

L’expérience dupliquée dans d’autres régions 

L’événement s’est notamment passé au siège de la Wilaya de Béni- Mellal, en marge de l’adoption de la convention-cadre de mise en oeuvre de la Stratégie nationale du développement durable (SNDD) au niveau de cette région, signée par Nezha El Ouafi , la secrétaire d’État chargée du Développement durable, Khatib El Hebil, wali de la région Beni-Mellal Khénifra et gouverneur de la province de Béni Mellal, Brahim Moujahid, président du Conseil régional de Béni-Mellal Khénifra, directeur de l’Agence du bassin hydraulique d’Oum Er-Rbia et le président de la commune de Zaouiat Cheikh.

Dénommée «El-Marj», la station coûtera globalement 6 MDH, dont 1,2 MDH de subvention du SEDD et 4,8 MDH des producteurs. Son délai de construction, la surface foncière qui l’accueillera, la création d’emplois attendue ainsi que la date d’entrée en service n’ont pas été communiqués. «Normal, puisque l’investissement qui sera consenti servira à financer l’élaboration d’une étude technique globale, et plus tard, la mise à disposition du terrain de construction de la station de traitement, l’installation de bassins pour le stockage des margines, la fourniture de deux camions citernes pour le transport de la matière, la construction et l’aménagement d’un extracteur d’huiles et de graisses et la réalisation de bassins d’évaporation naturelle des margines, ceci sans oublier la construction d’une unité technique et d’autres installations connexes», explique le SEDD. L’étude technique déterminera notamment s’il faut opter pour la valorisation agronomique par épandage direct ou après stockage, ou pour la fabrication de compost

Deux solutions techniques 

La première solution présente l’avantage d’un prix de revient relativement faible. Toutefois, l’azote peut être nuisible au niveau de la qualité des eaux de la nappe phréatique, si les conditions du milieu naturel ne sont pas favorables. En effet, la valorisation des margines par épandage est une solution à éviter sur les terrains perméables et poreux où les pluies risquent d’entraîner trop facilement l’azote en profondeur, ce qui cause la destruction des eaux souterraines et superficielles, empêche toute activité agricole et nuit à la santé des êtres vivants dans cet environnement. Sinon, le stockage des margines permet à l’agriculteur de pratiquer l’épandage à la période où se pratique une fertilisation classique. Ce faisant, cela n’altère pas la qualité fertilisante de la margine, surtout pour l’azote, et les phénomènes de biodégradation qui se déroulent pendant les quelques mois de stockage permettent un bon abattement de la charge organique. En plus, les teneurs résiduelles restent encore élevées, ce qui peut constituer un élément favorable à l’enrichissement organique du sol. Quant à l’autre solution, à savoir la valorisation agricole des margines par compostage, elle a pour but essentiel de fixer les éléments fertilisants sur un substrat carboné au cours d’un processus aérobie, pour les restituer au sol en fonction des besoins des plantes. L’apport de compost peut s’effectuer en fonction d’un calendrier agricole traditionnel. Dans ce cas, les éléments fertilisants sont mieux intégrés dans le complexe humique et sont mis progressivement à la disposition de la plante par la biodégradation de la matière organique. La paille constitue un support carboné de choix pour cette opération. Expérimentalement, une tonne de paille, à 5% d’humidité, absorbe trois fois son poids, soit environ 3 m3 de margines. Son prix et sa quantité infl uent beaucoup sur le prix du traitement des margines par compostage.

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Source : leseco

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